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Mon canari des îles, la dinde a brulée.

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— I'm here since : 21/12/2010
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MessageSujet: Mon canari des îles, la dinde a brulée. Mer 29 Déc - 1:45


    La fumée de la cigarette s’étire avec paresse, jusqu’à toucher la cime du ciel du bout des lèvres. Fatigue. Le mégot rougeoie un instant, avant de tomber dans une pluie de cendres aux pieds de Min Jun. Le coréen pousse un profond soupir, alors que les aiguilles de sa montre indiquent cinq heures passées. Adossé au mur de la petite cour extérieure du magasin où il travaille, Min Jun prend sa dernière pause de la journée. Le nouvel an n’est pas un jour différent des autres. Ses lèvres recrachent une bouffée de nicotine. A sa droite, la porte s’ouvre soudainement dans un fracas assourdissant, le faisant sursauter. Le visage de sa patronne apparait dans son champ de vision, sceptique.

    - Avale un bonbon avant de rentrer, tu vas faire fuir les clientes avec cette haleine.

    Un sourire tend ses lèvres, alors qu’il jette le mégot au sol. Ce travail de vendeur, Min Jun ne s’attendait pas à le trouver aussi amusant. Mais avec une patronne qui lui enseigne l’art du cynisme, il se sent comme chez lui. A des années lumières de ce satané monastère. La fraicheur du dehors est happée dans les couloirs. Le temps de poser sa veste de cuir sur le dossier d’un fauteuil, et une cliente passe le pas de la porte. Son corps pivote avec légèreté dans sa direction. Le coréen ne peut s’empêcher de grimacer en découvrant une femme d’une cinquantaine d’années. Il s’approche néanmoins en quelques enjambées et lui adresse son plus beau sourire commercial. Avant qu’il ai eu le temps d’ouvrir la bouche, elle lui présente une robe aux lignes épurées, que Min Jun pourrait imaginer sans mal sur une adolescente de seize ans. L’œil fatigué du vendeur se tourne vers la porte d’entrée en verre, à travers laquelle il peut voir les rues enneigées d’une fin de décembre. En plissant les yeux, il distingue à peine l’immeuble de l’autre côté de la rue. Perdu dans ses pensées, il ne voit pas les aiguilles tourner dans leur cadran. Lorsque la cliente ressort et pose devant lui la robe désirée, il sursaute légèrement. La caisse enregistreuse émet un son strident, crache un bout de papier gribouillé de chiffres.

    - Il y a une tempête dehors.

    Min Jun tourne la tête en direction de sa patronne. Celle-ci, loin de son cynisme habituelle, observe l’air blanc avec inquiétude. Le garnement à ses côtés sourit à la cliente et lui dit au revoir d’une voix mielleuse. Une vague de froid pénètre dans l’habitacle lorsque la porte s’ouvre en grand. Devant les yeux surpris de l’étudiant en psychologie, la propriétaire de la boutique traverse la pièce et ferme la porte d’entrée.

    - Je viens d’apprendre qu’il n’y aura plus de train à partir de huit heures. Si tu veux faire les courses avant de rentrer chez toi, mieux vaut finir maintenant.

    Le vendeur acquiesce et s’éclipse en silence dans les vestiaires, où il peut retirer l’horrible chemise amidonnée de son uniforme. En moins d’un clin d’œil, Min Jun se sent revivre dans un jean serré autour de ses hanches trop fines et un t-shirt à motif. L’écharpe qui lui enserre le cou en ressortant à comme principal atout de le séparer de la morsure du froid. Elle met pourtant également en valeur l’insondable noir de ses yeux. L’ancien moine pousse la porte de l’arrière-cour et se retrouve enveloppé dans une masse d’air froid. Ses pas précipités dévalent les rues gelées. Il finit pourtant par s’arrêter dans une boutique d’où il ressort les bras chargés de sacs.

    Les doigts glacés, le coréen avance difficilement en direction de son appartement. Les muscles de son dos tirent sous sa peau. Un sourire flotte malgré tout sur ses lèvres. Pour la première fois depuis des années, ce soir ordinaire de nouvel an, il ne sera pas seul. Il avait cru être devenu fou de solitude. Et Min Su lui avait annoncé la veille au soir qu’il ne sortirait pas, qu’il avait prévu de simplement rester dans leur appartement. Un plaque de verglas le fait déraper. Il se rattrape de justesse, plus inquiet pour le contenu de ses sacs que sa propre sécurité. Le sourire disparait. Il se demande soudain de quoi il va avoir l’air, à rentrer en sifflotant pour préparer un repas de roi rien que pour eux deux. « Rien d’autre qu’une petite femme, un enfant terrorisé qu’on l’abandonne. ».


    Il pousse le pas de la porte dans un soupir. Les sacs pleins de victuailles et de boissons alcoolisés chutent au sol. Fatigué, le coréen traverse le couloir et ferme délicatement la porte de la cuisine, sans prendre la peine de chercher son colocataire. Debout devant les fourneaux, il s’offre une bière avec délectation. En espérant bien ne pas faire de faux pas qui le mettrait de nouveau seul.
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MessageSujet: Re: Mon canari des îles, la dinde a brulée. Mar 4 Jan - 12:15

    « Il fait froid dehors » grommela bêtement Min Su en rentrant précipitamment à l’intérieur de l’appartement, délaissant le balcon que seul son colocataire utilisait habituellement pour aller fumer. Pourquoi donc était-il sorti, déjà ? Ah oui, son portable n’avait plus de réseau et il avait pensé arranger cela en osant pencher la tête hors de leur chez-eux. Au final, ça s’était révélé parfaitement inutile, ce qui avait le don de l’agacer purement tandis qu’il secouait à présent vivement le petit appareil dans ses mains, assit confortablement en tailleur dans le canapé du salon. Et bien oui mon p’tit cœur, il fait froid, on est en décembre, il neige et les informations ont annoncé une tempête pour aujourd’hui. Tu l’aurais certainement su si tu avais regardé la télévision ce matin au lieu de jouer aux jeux vidéos, hm. Mais ce n’était de loin pas nouveau; Min Su se coupait du reste du monde volontairement et n’aimait pas du tout aller à la rencontre de l’extérieur. Le simple fait que de devoir s’aventurer dans la rue en bas de chez eux pour aller acheter quelque chose au petit supermarché du coin, ça le faisait stresser au point qu’il demandait toujours à Min Jun d’y aller à sa place avec une mine suppliante. Parfois il s’agissait simplement de flemme, un refus simple à l’idée d’avoir à bouger de son confortable siège devant l’ordinateur. Min Su aimait sortir de temps en temps, mais lorsqu’il s’y refusait, il ne fallait tout bonnement pas tenter de l’y forcer au risque de se cogner contre une muraille. Ou de vous attirer ses foudres ce qui, même si ça n’en a pas nécessairement l’air, pouvait se révéler bien plus dangereux qu’on puisse le croire. Min Su savait montrer son désaccord et il n’aimait pas qu’on l’oblige à faire des choses qui ne lui inspiraient rien. Le petit était humain quoi, normal comme fonctionnement, dans le fond.

    S’enfonçant un peu plus dans le fauteuil, il parcouru niaisement la pièce du regard. Min Jun et lui avaient pu s’offrir un assez bel appartement dont il était le principal occupant, ou presque; le geek avait étalé ses affaires partout, ses ordinateurs (oui, il lui en fallait plusieurs pour le bon fonctionnement de ses piratages) prenaient la totalité de la table dans la salle à manger, ses fils et chargeurs jonchaient le sol, ses jeux vidéos envahissaient les tiroirs et ses vêtements traînaient n’importe où sans qu’il ne puisse penser à les ramasser. Le petit prenait une place incroyable dans l’appartement, l’idée même qu’il s’étalait peut-être un peu trop ne lui effleurait pas l’esprit du tout. Pourtant, les conflits avec son colocataires ne manquaient pas vraiment; lorsqu’un des deux décidait de déplacer un meuble ou de faire tel ou tel aménagement, il fallait toujours que l’autre vienne y mettre son grain de sel pour revenir tout modifier par-dessus. Souvent, ils se disputaient à ce sujet et leurs seules tensions entre eux devaient se limiter plus ou moins à ceci. Mais Min Jun était assez sympa; il laissait le pauvre jeune homme geeker autant qu’il le souhaitait tant qu’il ne l’embêtait pas. Enfin, parfois, il lui arrivait de déranger son compagnon par inadvertance, mais finalement, ce n’était pas bien grave; s’il ouvrait la porte et l’interrompait en pleine action avec une jolie personne, il suffisait plus ou moins de la refermer et d’essayer de faire comme s’il n’avait strictement rien vu, n’est-ce pas ? Hm. Le fait que son colocataire, à son contraire, ait une vie extérieure mettait parfois Min Su dans l’embarras; lui, n’avait personne à ramener à la maison alors qu’il pouvait arriver parfois à l’autre de ramener des amis ou autre. Dans ces tristes moments-là, Minnie se cloîtrait à double-tour dans sa chambre pour ne pas risquer de déranger, mais aussi pour ne pas se mettre lui-même mal à l’aise.

    Soudain, il entendit la pote s’ouvrir et il sursauta, laissant échapper son portable qui semblait avoir définitivement rendu l’âme. RIP. Il décida de ne pas le ramasser tout de suite, changeant de position pour tendre le cou et regarder Min Jun passer en éclair dans le couloir pour se diriger vers la cuisine, puis, la porte de cette dite cuisine se referma doucement sur sa personne. Le bruit parvint à son compère, qui ne bougea pas pour autant, clignant des yeux quelques secondes avant de lever contentieusement ses fesses du siège pour aller voir ce qui se passait à quelques pièces de là. Une fois le nez passé dans le corridor, il constata avec un peu d’étonnement que Min Jun avait fait les courses et -encore plus surprenant- qu’il avait laissé tous ses achats dans l’entrée, les sacs légèrement renversés. Le plus jeune s’approcha d’eux, les remit correctement debout, puis en empoigna maladroitement les anses de plastique pour ensuite se diriger en vacillant dangereusement jusqu’à la cuisine. Il parvint par un stratagème compliqué à ouvrir la porte avec son coude tout en la poussant d’un coup de hanche, et se glissa à l’intérieur. L’autre jeune homme était non loin de la cuisinière et semblait s’être ouvert une bière. Min Su fit passer ses petits yeux des sacs de courses à son ami avec une sorte d’incompréhension étrange; Min Jun n’achetait pas souvent autant d’alcool ! Oublié le nouvel an, le petit ? Hm, probablement, il montrait un mal fou pour se repérer dans le temps, à force de passer sa vie devant un écran. Il devait probablement savoir que l’année touchait prochainement à sa fin mais était loin de se douter qu’en réalité, cette fin, c’était maintenant.

    « Est-ce qu’on fête quelque chose ? » demanda-t-il innocemment en déposant soigneusement ses paquets sur la table, les déballant pour ranger tout ceci dans le frigo. « c’est quoi tout cet alcool ? On croirait que tu vas ouvrir un bar ici… » cette idée ne lui plaisait pas et il osa jeter un regard réprobateur à Min Jun; honnêtement, le no-life n’aimait pas vraiment boire. Ou plutôt, il n’avait pas assez eu l’occasion de s’y adonner pour y prendre goût. L’alcool rendait les gens idiots et leur faisait perdre la totalité de leurs capacités les plus basiques, or il détestait perdre le contrôle de lui-même, craignant de faire encore plus d’imbécilités maladroites qu’il en faisait déjà tout en étant purement sobre.

    Il déposa la dernière bouteille de vodka dans un buffet avant de se tourner face au beau vendeur, qui n’avait pas vraiment bougé entre temps mais qui avait forcément remarqué sa présence. Il n’était pas transparent après tout, même s’il ne lui avait pas encore adressé un seul mot. Min Su s’habituait facilement à tout type de personne, et parmi celles qu’il connaissait, Min Jun n’était pas classé dans ceux de la pire sorte; certes, il n’était parfois pas agréable, mais chacun a ses passages dans la vie durant lesquels on a pas forcément envie d’être gentil. Et puis, entre eux il n’y avait pas beaucoup de contact, pas énormément de discussion surtout, alors il y avait assez peu de risques pour qu’ils en viennent à se détester; les deux jeunes hommes ne se connaissaient tout simplement pas très bien, voilà le seul inconvénient dans leur colocation. Ça ne faisait pas tout à fait un an qu’ils vivaient ensemble, mais cet éloignement ne semblait pas réellement leur importer; sans doute pensaient-il chacun qu’ainsi, l’autre n’allait rien apprendre de problématique et ne chercherait pas à s’immiscer un peu trop dans leur vie. Par exemple, Min Su ne tenait pas du tout à ce que son compagnon sache qu’il avait subitement quitté le lieu de vie familial sur une simple pulsion sans jamais les revoir. Il ne voulait pas non plus qu’il apprenne par hasard à quel point il détestait la compagnie humaine et chérissait plus que tout ses amis les internautes, les sans-visages qu’il pouvait croiser n’importe où dans la rue mais qui ne risquaient pas de lui faire de mal volontairement. Du moins, le croyait-il en s’enfermant dans sa petite bulle blindée. Il campait fermement sur ses positions, jusqu’à ce qu’on vienne lui prouver qu’il se méprenait grossièrement et jusqu’à ce qu’on lui montre ce qu’il ratait de bien dans la vie en s’enfermant chez lui pour pirater comptes en banque et programmes informatiques de haut niveau.

    Le regard fuyant bizarrement celui de Min Jun, il se chercha un verre dans la commode et remplit celui-ci d’eau avant de s’assoir au bord d’une chaise, croisant une jambe par-dessus l’autre en silence avant de poser finalement son regard sur son hyung. Min Jun l’avait toujours intimidé, mais ce n’était pas une nouveauté en soi; n’importe qui l’impressionnait et n’importe qui lui arrachait une certaine peur mal dosée mais dont il ne pouvait pourtant pas se débarrasser.
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